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Afrique Centrale >> Actualité >> Journée portes ouvertes au Centre de Formation Professionnelle de Kansenia.

17/12/2009

Journée portes ouvertes au Centre de Formation Professionnelle de Kansenia.

Un an après la reprise des activités au Centre de Formation Professionnelle de Kansenia (CFPK), en accord et en collaboration avec l’Archidiocèse de Lubumbashi via le Bureau Diocésain de Développement (BDD) et la mission catholique de Kansenia, Philippe Gerits, coopérant Volens, a organisé une journée portes ouvertes afin de montrer concrètement à la population de Kansenia ce qui se fait au sein de ce centre.

Après plusieurs jours de préparatifs, le grand jour est arrivé à Kansenia. Nous sommes le 14 octobre 2009. De la préparation des ateliers (nettoyage, décoration, prise de photos, exposition d’outils et de matériel) aux invitations en prévoyant un munkoyo (boisson locale à base de maïs, eau et racines diverses), tout a été mis en oeuvre pour faire de cette journée un moment important pour le centre et les jeunes qui s’y forment en menuiserie, maçonnerie, mécanique et soudure. 

Le CFPK a une longue histoire. Créé par les Bénédictins belges, ce centre fait partie de la mission au sein de laquelle se trouvent aussi une école et un internat (inutilisé actuellement). Au temps de sa splendeur, la mission était aussi un grand centre agricole et les jeunes qui sortaient des ateliers de formation trouvaient en général assez rapidement un travail, principalement à la Gécamines (Société Générales des Carrières et des Mines).

Le Jour "J".

C’est sur la terrasse qui offre une vue splendide sur la vallée que se mange un petit déjeuner matinal constitué d’une omelette substantielle à base d’oeufs purs de poules broussardes élevées par Philippe. Puis, il est temps de se rendre au CFPK pour accueillir les invités de la journée portes ouvertes. 

L’ouverture offiicielle.

Le public arrive au compte goute, mais il est bien présent : les parents des jeunes qui sont formés, le chef de poste administratif (représentant l’Etat Congolais), le curé, le directeur du BDD, le préfet de l’école secondaire, ...

En attendant, les uns et les autres se saluent, se parlent, commentent les derniers évènements. Une relgieuse espagnole, arrivée en 1971, est toute heureuse de voir que le centre renaît.
"Vous savez, du temps des Bénédictins, on collaborait beaucoup et le centre produisait beaucoup. Puis, il y a eu les évènements que vous connaissez, la guerre, les pillages et les gens ici attendent. Maintenant c’est une population très passive ici vous savez". Et le curé d’en rajouter en lisant la lettre de Saint-Paul Apôtre aux Thessaloniciens peu avant de déclarer ouverte la journée qui jusqu’à présent était porte fermée...

 

Cette lecture biblique est importante ; dans les villages en brousse, les gens sont réceptifs à leur manière. Ce message est aussi et surtout un encouragement au développement et il a pour but de remotiver les troupes dans une région assez isolée mais qui est entourée de terrains miniers et agricoles qui vont avoir besoin d’une main d’oeuvre qualifiée.

 La visite commence

Philippe invite alors le public à visiter les ateliers. Un animateur passe un long moment à présenter divers outils complètement neufs qui ont été offerts par la Fondation Espagnole Bilbao. 
Un formateur encourage de jeunes apprenants mécaniciens qui se font un plaisir d’expliquer à tous le fonctionnement d’un moteur.
Un apprenti forgeron fait fonctionner un ventilateur mécanique qui entretient un feu rougeoyant qui, à son tour, permet de ramollir une pièce en métal que notre forgeron forme à sa guise.
Le nouveau formateur en maçonnerie fait une démonstration de construction de murs en brique.
Le tout sous l’oeil admiratif des parents dont les "youououououo youououou" particulièrement féminins et stridents ponctuent la visite, comme le ferait un interlude entre deux programmes télévisés.
Le clou de la visite est la mécanique : une fille élabore une pièce grâce à un tour ; les mamans sont enchantées et le public applaudit à tout rompre... 

 

 

 

 

 

 La menuiserie, un atelier séduisant.

L’atelier menuiserie est le plus avancé de tous. Les formateurs ont enseigné des choses pratiques et concrètes et les apprenants s’en donnent à coeur joie : lits, salons, bureaux, tables, chaises, ils peuvent déjà fabriquer eux-mêmes beacoup de choses. Au meilleur d’entre eux, Philippe Gerits pense proposer un poste de formateur. Plusieurs commandes sont en cours : les soeurs Capucines ont commandé un salon et un député voudrait des bancs pour une école de la région. Voyons maintenant plus concrètement ce qu’en pensent les jeunes apprenants.

 

 

 

 

On vient de voir un élève handicapé physique, on a vu précédemment une fille ... A Kansenia, tout est mis en oeuvre pour exclure l’exclusion et par la même occasion on rejoint les thèmes transversaux de Volens, liés au genre et au handicap. Ce sont de petits pas mais ils sont indispensables aux bonds qui se produiront sûrement dans le futur

Puis, peu à peu la visite prend fin. Rien de tel qu’une bonne partie de football réunissant les jeunes du villages, sur le terrain de sport qui jouxte le centre de formation. Une manière comme une autre de les attirer vers le centre et donc vers une formation qui devrait leur donner une belle opportunité dans la vie.

Pour Philippe, beaucoup de choses restent à faire. Cette journée portes ouvertes est un pas de plus vers une reconnaissance davantage méritée. D’autres jeunes des villages alentours sont attirés, mais alors, il manque quelque chose et Philippe a déjà sa petite idée, qu’il nous explique sur le terrain ci-après.

 

Information de dernière minute : il faudrait environ 4.000 euros pour réhabiliter l’internat qui apparaît dans le video ...